NOUVELLES TECHNOLOGIES ET EDUCATION SEXUELLES DE JEUNES

NOUVELLES TECHNOLOGIES ET EDUCATION SEXUELLES DE JEUNES

Ce samedi, 19 mars 2016, le programme genre de Pole Institute a animé une rencontre des jeunes autour de la question des « Nouvelles technologies et l’éducation sexuelle de jeunes » dans la ville de Goma.
Inspiré par les révélations des jeunes fin 2015 et raffermi par les plaintes de certains parents, le programme genre a voulu réunir les filles et les garçons ensembles pour comprendre les problèmes liés à leur éducation sexuelle et créer un débat au sein des jeunes, qui sont les premiers responsables de leurs actes et décisions.
Lors de cette activité, la première partie a été consisté à la présentation des résultats d’une mini enquête, effectuée fin 2015, par la stagiaire Clémentine FAHAMU auprès de jeunes filles et garçons élèves des quelques écoles secondaires de la ville de Goma. La seconde partie s’est attelée à la présentation de l’introduction et l’interview du documentaire « Générations PORNO - ARTE », consacrée aux résultats des recherches menées auprès des jeunes en Allemagne et en France.

De la présentation des résultats de l’enquête, effectuée fin 2015

Lors de cette séance d’une demi-journée, une courte restitution de l’enquête effectuée auprès des jeunes fin 2015 a été faite. Il s’agit d’une petite recherche sur les relations filles et garçons, des choix qu’ils opèrent, lesquels impactent leur vie actuelle et future. Les résultats étaient entre autre que les jeunes filles et les garçons de la ville de Goma s’éduquent eux-mêmes et entre eux grâce à Internet. Les films pornographiques sont une source d’information sur la sexualité des jeunes. Etant donné que l’audience était composée de jeunes élèves des écoles secondaires et des étudiants des universités, une question a ouvert le débat entre-deux:
Quelles sont les diverses sources de l’éducation des jeunes de Goma aujourd’hui ?
90% des participants reconnaissent apprendre les informations ayant trais à la sexualité sur Internet et/ou auprès des amis. Seulement 10% ont appris en famille.

A l’issu du débat deux tendance se dessine : certains jeunes affirment se ressourcer sur Internet parce que leurs parents cachent les informations en rapport avec la sexualité. Ceux-ci soutiennent que les parents devraient tout leur dire comme en occident parce qu’ils en ont le droit. Ces jeunes pensent que ce qu’ils voient sur Internet est une réalité, s’il tout que ca vient de l’occident. Un occident qui par ailleurs est mal connu parce que vu et connu à travers les images de la télévision, les films pornographiques sur Internet notamment via les téléphones portable, des sources qui ne donne pas forcement la vrai image de la vie dans la famille occidentale.
D’autres estiment que la sexualité est sacrée, qu’ont ne devrait pas en parler n’importe comment. Ont est africain, chaque chose a son temps, il faut préserver les valeurs africaines. L’envie de faire vivre la culture africaine est vive, la culture d’une Afrique méconnu de ces jeunes, et dont les canaux de transmission de ses richesses sont ignorés.

Que les jeunes parlent du Nord ou du Sud, ils tablent sur des préjugés en lieu et place de la réalité. La réflexion et l’analyse n’ont presque pas de place, ils copient aveuglement des pratiques dont ils ne saisissent pas le sens et ne comprennent pas la profondeur. D’où ils prennent des décisions à leurs risques et périls. Les jeunes témoignent, par exemple, qu’ils connaissent tout sur le sexe, mieux l’acte sexuel.
Ils apprennent tout (théorie et pratique), connaissent tout, savent quel médicament prendre dans tel ou tel autre circonstance, pour se protéger (contre une grossesse), savent quand le prendre et comment, sans une prescription médicale et à l’insu des parents. Certains disent que les garçons ont reçu les premiers condoms de leur père qui leur demande de se protéger en cas de rapports sexuels. Un feu vert implicite !

Ces témoignages ont poussé la modératrice de poser une deuxième question comme suit : « En tant qu’africains, quelles sont les conséquences de toutes ces informations sur les jeunes ?
Les jeunes révèlent qu’une fois informé sur le sexe (via les films pornographique ou les amis, ils éprouvent l’envie d’aller pratiquer pour savoir comment ca se passé. Bien n’entendu les jeunes ne pouvaient se dévoiler aussi facilement, mais nous avons appris qu’il a des jeunes qui ont vu le premier film pornographique à l’âge de 8 ans.

De la visualisation de l’interview

Dans la deuxième partie, suite à la visualisation de l’interview du documentaire « Génération PORNO - ARTE », lequel dresse une autre image de l’occident méconnu de jeunes : un Occident où les parents sont pris de court devant la spécialisation des enfants dans l’utilisation des outils technologiques (ignorent et pas à la hauteur techniquement); un Occident où les parents ne contrôlent pas les portables des enfants et ne savent donc pas tout de leurs enfants ; un Occident dont certains adultes décrient les conséquences de la pornographie sur l’éducation des enfants et le débat que cela suscite ; un Occident qui dénonce la naissance de la violence et l’humiliation de l’autre après la libéralisation des images pornographiques au Nord et la dévalorisation de la femme à travers ces productions ; etc.
Certains jeunes s’indignent, d’autres se révoltent. Ils découvrent qu’il s’agit d’une fausse sexualité qu’ils apprennent à travers les films pornographique dont ils s’inspirent ; le caractère commercial de ces films qui transmettent une sexualité contre nature et éloignent les jeunes de la vrai sexualité ; le danger qui le guette parce qu’ils sont la cible privilégiée de l’industrie du sexe qui utilise la finesse dans la transmission par des astuces qui attirent (amour, fille...) ; la dévalorisation, chosification, discrimination et la violence contre les filles, manifestées par une fausse utilisation du sexe et par le statut et le rôle que ces dernières jouent dans ces films ; les jeunes se rendent compte que le problème n’est pas africain ou occidental, mais qu’il est mondial ; Certains se révoltent contre les adultes qui sont les initiateurs et les créateurs des ces films qu’ils nomment « virus incontournable » qui détruisent incontestablement le monde ; d’autres accusent le Nord d’être à l’origine de la violence par la création et la diffusion de ces films pornographiques.

Désillusionnés, les jeunes invités reconnaissent s’informer auprès des films pornographiques via leur téléphone portable et entre eux parce qu’ils veulent satisfaire leur curiosité. Mais, à travers les discussions, l’on peut constater trois choses :
- il y a, au sein de jeunes, une confusion entre l’information et l’éducation, car en cherchant à savoir comment se fait la sexualité ils sont informé, mais ne sont pas éduqué. Ils deviennent alors des barbares dans les relations qu’ils nouent avec leurs partenaires, ils deviennent violent à force de regarder les films pornographiques. Après ils ne sont pas capable d’aimer.
- Une méconnaissance de l’Afrique et de sa vision sexuelle. Une Afrique qui prévoie une manière de transmettre les connaissances à travers les chants et la danse, car la sexualité fait partie de la culture comme art d’amour, inventé pour une relation épanouissante. Une sexualité qui est un lieu de respect de soi et de l’autre, une sexualité qui ne fait pas partie de la nature, sinon l’être humain devient un animal. Les pornographies sont une vision sexuelle d’ailleurs.
- Une ignorance de l’occident dont ils copient des mauvais exemples sans s’informer sur le vrai débat sur la question de la sexualité, sans tenir compte ni de leur contexte ni du contexte occidental. En conséquence, ils font une extrapolation périlleuse.
Il s’agit d’une première rencontre de ce genre avec les jeunes, sur la liste d’une série d’autres activités hebdomadaires et mensuelles, qui visent de créer un véritable lieux d’information et d’éducation sexuelle de jeunes assuré par le programme genre, non seulement pour palier à ce manque de lieu d’éducation, mais aussi et surtout, pour permettre à ces derniers de critiquer, d’analyser et de choisir ce qui vaut la peine d’être fait.

Goma, avril 2016.

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