L’Université alternative ouvre sa nouvelle année académique 2018-2019

Sous sa grande tente plantée dans le jardin de Pole Institute à Goma, 85 jeunes (72 garçons et 13 filles) ont assisté à l’ouverture de l’année académique 2018-2019 de l’université alternative. A cette occasion, un grand débat inaugural pour la nouvelle année a été lancé sur le thème : Réimaginer l’Afrique et réinventer le Congo. L’objectif du débat était de donner la parole aux jeunes pour qu’ils proposent, dans la situation des turbulences préélectorales en RDC, les idées utiles à la réussite des élections en vue d’un nouveau Congo et qu’ils intègrent leur vision de ce nouveau Congo dans le projet d’une nouvelle Afrique dont les jeunes Africains doivent devenir les bâtisseurs. Après la lecture individuelle d’un texte du professeur Kä Mana sur le thème de la nouvelle année académique, des groupes de réflexion et de débat se sont constitués. Dans leur partage d’idées, la réinvention de l’Afrique et la renaissance de la RDC sont apparus comme une question de choix à faire : soit la liberté et la dignité, soit la servitude et l’aliénation par rapport aux maîtres du monde d’aujourd’hui. C’est le choix entre la passion pour son propre pays et pour le continent d’une part, et d’autre part, l’entrée, yeux baissés, dans une mondialisation où les Africains seront des esclaves condamnés au sous-développement développement. De quel côté êtes-vous ? Contrairement à ce à quoi on aurait pu attendre, le débat n’a pas divisé les jeunes. Après une analyse claire des termes qui portaient le choix à faire, la question a paru piégée pour beaucoup. Le vrai choix n’est pas aussi simpliste ni aussi tranché. Ce qu’il convient de faire, c’est d’assumer la responsabilité de trouer, en Afrique ou ailleurs, ce qu’il faut promouvoir pour développer l’imagination créatrice, le sens de la grandeur et la volonté de faire de l’Afrique un continent puissant et une terre d’avenir. Il faut des ressources internes et des emprunts urgents pour que les Africains puissent assumer cette tâche et cette responsabilité. Ils doivent alors éviter des dichotomies factices, des clivages inféconds et des séparations qui ne mènent nulle part. Cela demande une force capacité d’unir ce que l’on a tendance à séparer, de faire sinter-féconder ce qui être inter-féconder quand on veut rassembler en soi toutes les grandes richesses du monde. De ce point de vue, la réinvention du Congo et la réimagination de l’Afrique exigent un discernement radical pour donner toutes les chances à l’imagination et à l’inventivité de resplendir dans nos sociétés. Mercredi du savoir à l’université alternative Séance inaugurale pour l’année 2018-2019 Ce mercredi 22 août 2018, l’Université alternative de Pole Institute a ouvert son programme de formation des jeunes à la connaissance de l’histoire du Congo pour l’année universitaire 2018-2019. Dans le cadre de ce programme des « Mercredis du savoir », 20 participants (19 garçons et une seule fille) ont été conviés à discuter sur deux épisodes du Film Kongo produit sous l’égide de la RTBF à Bruxelles il y a quelques années. Le premier épisode montre les grands événements du Congo pendant la période de l’esclavage et le Congo sous Léopold II. Le deuxième épisode présente les grands événements de la colonisation du Congo par la Belgique de 1908 à 1960, avec un accent particulier sur les violences, les cruautés et les atrocités de cette période ainsi que la participation vaillante des Congolais aux deux guerres mondiales et à la construction des infrastructures dont le pays a été doté. Sur ces deux périodes, trois grandes questions ont été soulevées et débattues par les participants. A savoir : - Pourquoi l’histoire du Congo vu du côté belge commence-t-elle par la période de l’esclavage ? - Quelle est l’image de l’homme congolais que le film cherche à propager ? - Qu’est-ce qu’on peut attendre des jeunes Congolais qui regardent les 2 épisodes de Kongo face à la situation présente du pays et à l’avenir de leur pays. Globalement, les discussions ont montré en quoi il est nécessaire pour les Congolais de construire leur propre vision de l’histoire congolaise dans des films conçus pour l’éducation des jeunes, dans une perspective qui aille au-delà de l’esclavage et de son image de l’homme noir capturé, dominé, déshumanisé et réduit à rien. A partir du moment où l’on remonte en amont de l’esclavage, c’est un autre homme congolais que l’on pourra offrir aux jeunes pour leur éducation. Ils verront que l’histoire est toujours une construction d’images et de discours avec un but précis. Pour le Congo, nous devons travaillé dans la construction de nos propres images et de notre propre discours sur nous-mêmes, en vue de produire une forte conscience de ce que nous devons être et de ce que nous devons faire. C’est une exigence éducative radicale pour les générations montantes. Avec cette exigence, il faut également travailler à la destruction des séquelles des traumatismes que nos populations ont subis à l’époque de l’esclavage comme pendant la « grande nuit » léopoldienne. L’essentiel est dans la construction de l’avenir selon une perspective de la grande renaissance du Congo dans le monde : un Congo libre, digne et prospère.

Ajouter un commentaire

Abonnement aux Newsletters

Abonnez-vous avec votre adresse E-mail pour être averti des nouveaux articles publiés.

Go to top