A l’université alternative : une séance sur la médecine africaine et la politique de souveraineté

Ce samedi 17 février 2018, la séance hebdomadaire de l’université alternative a été consacrée à deux sujets : la médecine africaine et la politique de souveraineté en RDC. C’est M. Faraon Imhotep qui a présenté le premier thème. Le deuxième a été confié à M. Grâce Omari.

Faron Imhopep est un jeune chercheur congolais qui s’intéresse essentiellement aux maladies incurables telles que le diabète et la cirrhose de foie ainsi qu’à la pandémie du VIH-SIDA qu’il ambitionne de traiter selon la médecine africaine dans ses sources pharaoniques et dans ses développements tout au long de l’histoire. Il dispose d’un centre de recherche nommé Pyramides où il s’adonne à la fabrication des médicaments qu’il propose à ses patients dans une dynamique à la fois alternative et complémentaire aux traitements par la médecine moderne. Membre du groupe Les vaillants nègres, qui travaille sous le chapiteau de l’université alternative de Pole Institute, il a voulu présenter sa vision de la médecine africaine et clarifier sa démarche face aux nombreux doutes et aux suspicions dont sont victimes la médecine traditionnelle africaine et ceux que l’on dénigre sous l’appellation de guérisseurs. Selon lui, il y a des faits dont il faut que tout le monde prenne conscience : la société africaine est confrontée à certaines maladies qu’on ne trouve qu’en Afrique et qui ne sont traitées que par des spécialistes traditionnels africains dans nos villages et dans nos villes. Il a donné l’exemple de Mbasu ou Musonda, plaies lancées aux personnes par des individus aux pouvoirs maléfiques invisibles. Ces maladies sont liées à des phénomènes d’ordre mystico-métaphysique incompréhensibles du point de vue de la médecine moderne. En plus, il y a des maladies que la médecine moderne n’arrive pas à guérir par manque d’une approche holistique de la maladie et d’une confiance dans les traitements pourtant déjà connus dans nos  villages. Il maque aussi de recherches sérieuses sur ce que la médecine traditionnelle apporte réellement à la médecine moderne dans une approche complémentaire qui devrait encore être clairement théorisée. Pour combler ce manque, il est bon de considérer la médecine africaine non comme un musée de recettes traditionnelles éternellement disponibles, mais comme une recherche en action et une sorte de work in progress, avec l’obligation de faire de nouvelles recherches enrichissantes. C’est dans ce travail de recherche permanente pour de découvertes nouvelles que s’engage le centre Pyramides de M. Faraon Imhotep.

Contrairement à ce dernier, M. Grâce Omari est enseignant à l’Université de Paix à Goma et animateur du mouvement des jeunes pour Moïse Katumbi. Invité pour parler de la  politique de souveraineté au Congo aujourd’hui, il a partagé sa vision de la RDC et de l’engagement des jeunes pour le changement positif et profond du pays.  A ses yeux, la souveraineté n’est pas une théorie abstraite, mais une pratique concrète à assumer, surtout quand on est jeune et que l’on a à construire la politique d’une nation. C’est dans l’action concrète nourrie par une réflexion fertile sur les exigences à vivre pratiquement que l’on s’engage dans la dynamique de souveraineté en défendant les acquis de l’indépendance de la nation et les désirs de démocratie qui animent les générations montantes. Pour M. Omari, il faut attendre de la jeunesse congolaise actuelle la construction d’une conscience nouvelle pour défendre la souveraineté et agir selon la souveraineté. Aujourd’hui plus que jamais, c’est dans cet enjeu que se joue l’avenir de la politique en RDC.

A la fin l’intervention de M. Imhotep, un débat intense a eu lieu sur la crédibilité de la médecine africaine traditionnelle envahie aujourd’hui par les charlatans qui n’ont aucun sens ni du diagnostic rigoureux, ni de dosages de leurs produits par rapport au degré des maladies traitées, ni même d’une démarche fiable qui soit libérée des intuitions purement irrationnelles et invérifiables où s’enferment les tradipraticiens. Faraon Imhotep a répondu à toutes ces critiques en insistant sur le lien entre le visible et l’invisible dans la médecine africaine. Il a aussi montré comment il est ruineux de pouvoir condamner une médecine rien qu’en regardant vers ses brebis galeuses. Pour lui, il faut des améliorations juridiques et politiques pour encadrer et contrôler les thérapeutes de la médecine africaine et les conduire à une démarche rigoureuse pour guérir les patients et repenser les équilibres psychosociaux qui sont au cœur de beaucoup de maladies.

Quant à M. Omari, il a subi une salve d’attaques sur le chef de son parti, M. Moïse Katumbi qui a été accusé de lâcheté et de connivence avec les Occidentaux, ceux-là même qui  sont à la base de beaucoup de malheurs du Congo. Sur proposition du modérateur du débat, le professeur Kä Mana, il a été demandé à M. Omari de ne pas répondre sur le champ aux attaques et de revenir pour un dimanche politique où il parlera longuement de Moïse Katumbi et de son projet pour le Congo.   

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