Un atelier des jeunes sur l’engagement et la lutte contre les antivaleurs

Johnson ISHARA dans UMOJA TRIBUNE
3 écoles representées dans l'activité de kivusejour "Umoja Tribune"

Le mercredi 14 février 2018-02-14, dans l’enceinte du Complexe scolaire Maman Sophie, Kivusejour a organisé une conférence débat qui a réuni une cinquantaine des jeunes élèves et étudiants de Goma, dans le cadre de son projet Umoja Tribune qui travaille sur le rapprochement des élèves dans la lutte contre les antivaleurs en milieu scolaire. Les deux intervenants, Johnson ISHARA (coordonnateur de la dynamique génération consciente) et Innocent Mpoze de l’Université Alternative ont eu à échanger avec les jeunes sur le thème : « L’engagement des jeunes congolais et la lutte contre les antivaleurs comme voie de sortie de la RDC de son marasme socio-économique »

  1. L’intervention de Johnson ISHARA

Sur le thème "L'engagement des jeunes congolais dans la lutte contre la corruption comme voie de sortie de la RDC de son marasme socio-économique", l’orateur est parti de deux questions qui ont constitué l’épine dorsale de son intervention : sommes-nous fiers d'être congolais ? Et le Congo, est-il fier nous ?

        Êtes-vous fiers d'être congolais ?
Pour Jonhson Ishara, il ne suffit pas seulement d’être fier du Congo mais il faut être Congolais au Congo et pour le Congo.

  • Au Congo : l'exigence d'être-là, par soi-même, de participer à la vie congolaise dans son quotidien et surtout de pouvoir discourir sur la RDC comme un citoyen congolais digne de son pays.
  • Pour le Congo : l'exigence d'être au service de la RDC dans un souffle où une citoyenneté responsable et agissante est le cœur. 

         Et la RDC, est-elle fier de vous?
Trois questions nous aident à l'affirmer ou à l’infirmer :

  • Comment parlez-vous de la RDC : votre langage sur la RDC, est-il fataliste et pessimiste ou fort et optimiste ? L’idée est ici de rompre avec le Congo des malheurs, le Congo des misères que nous balancent l’extérieur.
  • Quel rêve avez-vous pour la RDC ? Pour l’orateur, il s’agit ici de porter l’attention sur les rêves qui peuplent l’imaginaire social des jeunes congolais d’aujourd’hui.  
  • L'éducation. Si Emmanuel Kant a raison et que l'homme n'est rien d'autre que ce que son éducation fait de lui, que dire de notre éducation au Congo aujourd’hui ? Pour lui, il est regrettable que des cours comme l’éducation civique et moral soient relégués au dernier rang et avec une pondération médiocre ou presque inexistante.

Dans son mot de fin, l'orateur a insisté sur la nécessite pour les jeunes congolais de prendre à bras le corps le projet de faire du Congo-Kinshasa une véritable nation, au delà du sectarisme tribal, des préjuges et des divisions absurdes qui endeuillent le plus souvent notre cher Congo.  

         2. L’intervention d’Innocent MPOZE
"L'engagement des jeunes congolais dans la lutte contre la corruption comme voie de sortie de la RDC de son marasme socio-économique"
Commençant par remercier Kivu séjour pour ce cadre d'échange, le jeune Innocent Mpoze a planté son décor en citant d’entrée de jeun Gandhi tel que repris par Matthieu Ricard dans son livre Plaidoyer pour l’altruisme, « il y a assez sur terre pour répondre aux besoins de tous mais pas assez pour répondre à l'avidité de chacun. » Allant dans l’esprit de l’ordre économique actuel, il a montré le pourquoi de l’engagement dans la lutte contre la corruption en le considérant l’un des maux qui affectent le plus atrocement la société congolaise et qui contrait à un pourcentage très élevé la tentative dans le cap vers son positionnement comme un pays émergent.         
En situant la question à deux niveaux, l'orateur l’a présentée comme étant l’apanage de l’homme congolais actuel car elle se situe à toutes les sphères de la vie que ce soit économique, sociale et politique. Il s’agit ainsi d’un problème :
D’ordre anthropologie car elle est devenue le choix social des Congolais dans un contexte où le non-sens devient la voie à suivre et non ce contre quoi il faut lutter.
Qui s’est ancré dans l’imaginaire culturel des tous les Congolais en général en devenant le conditionnement structurel de leur vie.Ceci l’a permis de pointer aussi le défaitisme, le népotisme, les cooptations nuisibles, l’hibernation, la culture ascétique comme maux qui participent aussi au blocage et qui malheureusement font route avec nous comme si cela était juste et sans conséquences néfastes. Que faire pour une mis en déroute totale et définitive de ce fléau ? Telle a été la question à partir laquelle, le jeune Innocent Mpoze a soumis à la discussion quelques propositions en paraphrasant l’idée de Gandhi, il n’y a vraiment pas sur la terre assez pour satisfaire l’avidité de chacun de nous, il n’y a qu’assez pour répondre aux besoins de tous. D’où l’urgence :
D’une déconnexion du matérialisme rampant qui inhumanise la société en créant des écarts considérables entre les hommes.  
D’une éducation à un leadership responsable, éthique et rectiligne qui exige que soient mise en pied le projet de création des cercles des réflexions pour la dissémination des nouvelles idées et qui soignent porteuses d’avenir et des nouvelles valeurs morales de justice distributive, de responsabilité et de redevabilité envers les générations à venir.
D’une éthique de la donation. Quand on a souffert de ce que le Congo a connu dans son histoire, ce n’est que par une éthique de donation de soi en renonçant à la gloire, à l’idolâtrie du pouvoir et de l’avoir qu’on peut sauver le Congo.Dans son mot de fin, l'orateur insisté sur le fait que la jeunesse congolaise ait beaucoup moins intérêt à se tourner vers les générations précédentes dont le bilan est essentiellement négatif et qu’il faudrait qu’elle s’imagine des nouveaux horizons qui soient porteurs e la vie pour tout homme et tout l’homme.
 

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