Une séance de l’université alternative consacrée à l’homme d’affaires français Vincent Bolloré

Ce samedi 7 avril 2018, l’université alternative de Pole Institute a consacré sa séance hebdomadaire à l’homme d’affaire français Vincent Bolloré. C’était dans le cadre de la formation des jeunes à l’esprit d’entreprise sous la houlette du jeune chercheur Platini Mabela. Le but poursuivi consistait, après les séances consacrées à Bill Gates et Steve Jobs au mois de février dernier, d’élargir l’horizon de compréhension de la psychologie et des stratégies des hommes et des femmes qui ont un impact de fond sur l’entreprenariat dans le monde actuel.

Avec Vincent Bolloré dont ils ont analysé l’émission qu’une télévision française lui a consacré dans une perspective critique et réaliste, ils ont compris l’esprit du capitalisme néolibéral féroce et de ses méthodes d’action dans la guerre entre les entreprises pour le pouvoir de conquête des marchés et l’accumulation des richesses au profit d’une clique de prédateurs qui domine l’ensemble de la société mondiale aujourd’hui. Ils ont vu à l’œuvre ce néocapitalisme dans l’Afrique actuelle où la prédation organisée par les entreprises des pays riches condamne les Africains à un nouvel esclavage et au déni public des droits les plus inaliénables des êtres humains : le droit à la vie, le droit à la dignité, le droit au travail qui valorise l’homme et le droit à un environnement écologique pour les peuples africains. En Afrique comme dans son pays, la France, Bolloré a construit un véritable empire financier sur les méthodes les plus contestables du point de vue éthique. Il a recouru au hold-up et au coup d’Etat au sein des entreprises dont il a pris la direction pour s’enrichir, lui et ses amis, au détriment des personnes qui n’avaient pourtant rien à se reprocher du point de vue de l’éthique managériale. Il s’est emparé de plusieurs ports africains en se servant de l’influence du pouvoir politique et du pouvoir financier de son pays au sein de la Françafrique. Il a réduit certains chefs d’Etat africains au rôle d’agents de sécurité pour ses entreprises au nom de fausses amitiés avec eux, sans aucune considération pour le bonheur communautaire des travailleurs qui l’enrichissent comme dans les champs de palmiers au Cameroun.

Dans cette mesure, il est l’incarnation du néolibéralisme tel qu’il se développe dans l’ordre mondial et impose son esprit dans tous les pays aujourd’hui.
Face à l’image que les journalistes qui ont mené l’enquête sur Bolloré ont présenté de lui, les jeunes de l’université alternative ont été tiraillé entre la fascination face à l’esprit conquérant et à l’intelligence stratégique de l’homme d’affaires français d’une part et d’autre part le dégoût devant ses méthodes cyniques et ses pratiques barbares d’entrepreneurs sans foi ni loi.

Sommes-nos devant un modèle pour la réussite de l’entrepreneuriat pour les jeunes africains ou devant l’incarnation horrible de ce qu’ils ne faut pas faire dans nos sociétés africaines aujourd’hui ?

Pour certains jeunes, il ne convient pas d’oublier que nous sommes dans le monde néolibéral et que le devoir des Africains est de former de tigres capables de s’imposer dans ce champ mondial.

Pour d’autres, l’impératif est d’inventer un entrepreneuriat africain fondé sur l’éthique de l’humanisme africain afin d’échapper à l’esprit prédateur du néolibéralisme actuel.

Les deux camps ne sont pas arrivés à trouver un terrain de consensus dans leurs débats sur la personnalité et les méthodes de Vincent Bolloré.

Par le Prof. Godefroid KA MANA

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