Une séance de l’université alternative consacrée à la nouvelle renaissance africaine

A la séance hebdomadaire du 1 septembre 2018 à l’université alternative de Pole Institute, 37 jeunes (8 filles et 29 garçons) ont abordé la question de la nouvelle renaissance africaine sous la houlette du professeur Kä Mana. Inscrite dans la ligne de la pensée du professeur José Do-Nascimento qui avait été analysée et discutée avec passion au cours de la séance précédente, la séance a été consacrée à la l’étude du paradigme de la nouvelle renaissance africaine sous l’angle d’un regard critique sur les visages qu’a pris ce concept dans l’histoire immédiate du continent africain. Trois orientations ont été présentées, à savoir : 
les sources américaines de la renaissance africaine sous la présidence de Bill Clinton,
 la réappropriation du projet de cette renaissance dans le cadre du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique  (NEPAD) par les présidents Thabo Mbeki, Abdoulaye Wade et Abdelaziz Bouteflika,
et la vision que la Banque mondiale a imprimée au même projet avec une nouvelle pratique de gouvernement qu’incarnent les présidents Alassane Ouattara et Boni Yayi, selon ce qui convient aux institutions financières internationales.Toutes ces approches de la renaissance africaine n’ont rien donné de fructueux pour notre continent. Du fait d’avoir été conçues à partir d’une philosophie extérieure à l’Afrique, avec une extraversion aliénante et une dépendance manifeste par rapport aux possibilités de financements occidentaux, elles ont vite montré leurs limites.
Il faut aujourd’hui une nouvelle renaissance africaine : une renaissance autocentrée, auto-orientée, désaliénée et fortement endogène. Elle doit s’enraciner dans la grande histoire de l’Afrique depuis l’Egypte pharaonique et s’inscrire dans une vision multipolaire de la coopération entre les nations.
A quelles conditions peut-on construire cette nouvelle renaissance africaine ? C’est à cette question que les participants ont été invités à répondre dans les débats en petits groupes.
Les discussions ont été fortement nourries et se sont essentiellement concentrées sur le désir de construire concrètement la renaissance dont on parle au lieu d’en parler indéfiniment sous la forme de simples incantations.
Pour les jeunes participants, il est impératif que le changement soit visible dans les types de gouvernance qui caractérisent les politiques africaines aujourd’hui : on doit passer du pouvoir dictatorial et obscurantiste au pouvoir de concorde et d’un être-ensemble vertueux, conforment aux intérêts collectifs et aux idéaux communautaires dont nos pays ont besoin, sur la base des valeurs du bien, du beau et du juste où s’enracine la vision africaine du monde dans l’idéal de la Mâat comme au temps des pharaons.
Il convient aussi de construire une société de créativité par l’entreprenariat et la formation à la culture scientifique et technologique.
Cela signifie que la nouvelle renaissance doit fonder le présent africain sur deux socles : la force d’être soi et le pouvoir de se transformer en culture de grandes inventions face à l’avenir.
 

Ajouter un commentaire

Abonnement aux Newsletters

Abonnez-vous avec votre adresse E-mail pour être averti des nouveaux articles publiés.

Go to top