BUSTANI

 

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COIN DU BUSTANI

 

Goma, 04 février 2013

" Le printemps arabe " refuse de s'inviter en République Démocratique du Congo (RDC)

Deux bonnes années sont passées depuis que le monde arabe est venu nous replonger dans cette belle phrase du camerounais Achille Mbembe en préfaçant le livre (cité dans les références) dédié à Frantz Fanon par la fondation qui porte son nom. Ce monde est sorti de sa torpeur par des évènements auparavant difficilement imaginables : hier immobile et despotique, il s'est brusquement réveillé grâce à des peuples qui se mettaient en mouvement. Comme cela est souvent le cas, le brutal surgissement d'un évènement révolutionnaire a toujours quelque chose d'énigmatique ! Là aussi, la surprise était générale. Le ton est donné dans une petite localité tunisienne, jusque là inconnue, appelée Sidi Bouzid.
Un jeune homme de 28 ans bradé de diplômes en physique, Mohamed Bouazizi, avait trouvé une façon de nourrir sa famille en gagnant un peu d'argent dans le petit commerce ambulant des fruits et légumes. Cette activité lui permettait de vivre dignement au jour le jour, loin de la vie de l'aumône ou de la mendicité.

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Goma, le 23 octobre 2010.

Colères d'adultes et d'enfants ''non accompagnés'' au Nord-Kivu

La ville de Goma s'est réveillée au début de la semaine avec plusieurs dizaines de familles plantées en plein air à quelques mètres du bureau du gouverneur de la province. Elles y avaient passé la nuit à la belle étoile et sous une forte pluie. Les passants les découvrent le matin en train de tenter d'exposer les bébés et les petits enfants transis au soleil, comme on sèche le linge lessivé. S'agissait-il de déplacés de guerre qui fuient avec leurs baluchons ? D'où venaient autant de démunis ? Que voulaient-ils ? Pourquoi étaient-ils là et non dans les espaces à la périphérie de la ville plusieurs fois occupés par ceux qui recherchent un peu de répit dans ce contexte d'insécurité généralisée ? Fallait-il rechercher la raison de leur présence dans les peurs manipulées par divers intérêts qui s'affrontent dans la drôle de ''guerre des mémo''(1) au Nord-Kivu ?

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Butembo, le 1er octobre 2010

Butembo :''Justice populaire'', une manière de pointer du doigt les forces de l'ordre comme acteur principal de l'insécurité ?

Ce matin, la rue Président de la République, principale artère de la ville de Butembo a été prise d'assaut pas des jeunes gens en colère. Chantant à tue-tête ''La Zaïroise'', hymne national du Zaïre de feu le maréchal Mobutu, brandissant des branches d'arbres et des croix de fortune ainsi que des sachets suspendus au bout de bâtons, ces manifestants spontanés s'en prenaient aux FARDC et à la Police Nationale Congolaise comme auteurs de l'insécurité qui s'amplifie dans la ville de Butembo.

En effet, dès 18 heures 30, les habitants des quartiers périphériques de la ville sont obligés de s'enfermer dans leurs maisons. Cela fera près de 2 mois que les paisibles citoyens sont insécurisés ainsi. Dans ce laps de temps, plus de 10 personnes ont été tuées par des bandits pudiquement qualifiés d'hommes en uniforme militaire non autrement identifiés comme si la tenue militaire qu'ils portaient était un simple déguisement. Or, c'est cette insécurité avait été le leitmotiv qui avait fait partir en son temps le maire Hubert Kakule, remplacé dans la foulée par Théodore Sikuli Vasaka, tous deux du PPRD, parti cher à Joseph Kabila le Président de la République.

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Paris, 25 août 2010

La France doit s'acquitter de la dette prise au moment de l'indépendance de Haïti

Dans une lettre ouverte publiée le 16 août 2010 dans le quotidien français Libération, plus de 90 écrivains, universitaires de renom et autres personnalités mondialement connues demandent publiquement au gouvernement français de restituer les 90 millions de francs or extorqués par la France à Haitï à la suite de son indépendance.

Parmi les signataires, on retrouve le linguiste du MIT Noam Chomsky, la journaliste Naomi Klein, les écrivains Eduardo Galeano et Ariel Dorfman, le professeur de l'Université de Princeton Cornel West, les philosophes français Alain Badiou, Étienne Balibar et Jacques Rancière, ainsi que plusieurs membres du Parlement européen, incluant le militant altermondialiste José Bové. Des membres de l'Assemblée nationale de France et du Québec, de même que Walden Bello, écrivain et membre élu de la Chambre des représentants des Philippines, ont également signé la lettre.

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Goma, le 18 août 2010

"Colonies de vacances" pour orienter les jeunes vers la maitrise de leur vie

Depuis quelques années, Pole Institute mène une réflexion sur la citoyenneté responsable en RD Congo avec notamment une série de jeunes. Dans cet espace, la dernière question qui mobilise les énergies a été formulée ainsi : " Les jeunes peuvent-ils être porteurs de changement en RDC ? " La réponse avancée jusqu'à présent est oui sous réserve de l'accomplissement de certaines conditions portant sur la conscientisation, la mobilisation et l'organisation des jeunes. Nous découvrons que certains des participants passent à l'action et traduisent en actes les résultats de nos cogitations à travers l'organisation de colonies de vacances.

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Matadi, 10 juillet 2010

Des prisonniers fêtent le cinquantenaire en prenant la clé des champs

Le 1er juillet 2010, une évasion de prisonniers a lieu à la prison centrale de Matadi. Les policiers de garde abattent 4 des fugitifs, tandis que 35 réussissent à se fondre dans la nature. Fait bénin ou révolte d'hommes en quête de justice ? Les esprits des prisonniers ont été sensibles à ce que, sur le plan politique, l'opposition congolaise avait proposé comme signal fort lors des festivités du cinquantenaire de l'indépendance de la RDC : la libération des prisonniers politiques, de ceux détenus pour délits d'opinions voire les condamnés pour des délits mineurs. La réaction du pouvoir en place a été de se cacher derrière la Justice de la RDC qui, comme tout le monde le sait ou ne peut pas le savoir, ''serait indépendante'', raison pour laquelle l'Exécutif n'aurait pas le droit de lui proposer de telles initiatives.

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Uvira, le 05 juillet 2010

LA TRAGEDIE DE SANGE INAUGURE LE NOUVEAU CINQANTENAIRE

La catastrophe de Sange dans la province du Sud-Kivu, à l'Est de la RD Congo, a inauguré le début du 2e cinquantenaire, trois jours après les réjouissances du 30 juin 2010. Plus de 250 personnes sont mortes et plus d'une centaine d'autres blessées dont la majorité est constituée par la génération montante, généralement des jeunes de moins de 18 ans. Toute la cité est en deuil et gardera de génération en génération l'histoire de ce drame horrible !

Situé au Sud de la ville de Bukavu, à plus d'une heure trente de voiture, Sange est une cité prospère et très vivante. Pour tous les voyageurs empruntant la route nationale N°5, la cité de Sange est connue pour ses fruits et ses viandes de chèvre grillées communément appelées ''kachoma''. C'est le premier site où les véhicules s'arrêtent pour quelques minutes afin que les passagers se restaurent et se reposent un peu.

La cité de Sange est l'une des 3 cités agglomérées que compte le territoire d'Uvira. Sa population est estimée à 32.035 habitants repartis dans 9 quartiers. Elle vit des activités agro-pastorales dont l'élevage de vaches qui occupe une place de choix. Le petit commerce y est mené. Son marché est très animé car il est situé au carrefour de villages très prospères sur le plan agricole.

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