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TENTATIVE
D'EVASION AVORTEE A GOMA, LES PRISONNIERES TRINQUENT !
Goma, 25 Juin 2009
Les pensionnaires
de la prison centrale de Goma (communément appelée Prison
Munzenze) ont tenté de s'évader le 21juin 2009 vers 20 heures.
Selon les sources officielles, les prisonniers, essentiellement des militaires,
voulaient s'échapper par 7 trous qu'ils venaient de perforer dans
les murs. En effet, parmi les 837 pensionnaires que compte cette prison,
512 sont des militaires qui ont été impliqués dans
des assassinats et des vols à main armée.
Alertés, les
éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC) se sont
déployés autour de la prison pour dissuader les prisonniers
de passer à l'acte ; ces derniers ont alors dégoupillé
d'une grenade qu'ils ont lancée dans le tas des éléments
de l'ordre.Un policier a succombé sur place et huit autres ont
été grièvement blessés dont le lieutenant-colonel
Blaise, commandant de la ville et le Major John, chargé du Groupe
mobile d'intervention.
La rumeur d'une éventuelle
évasion courrait les rues de Goma depuis la libération forcée
du député provincial déchu François Gachaba
par les anciens officiers du CNDP, le 05 juin 2009 à 20 heures.
Les autres prisonniers étaient mécontents de voir un des
leurs libéré par force alors que parmi eux figurent plusieurs
prévenus dont les dossiers traînent en justice. Le directeur
de cette prison a précisé que depuis ce jour-là les
pensionnaires étaient devenus très mordants. A cela a-t-il
ajouté, le manque de nourriture et l'exiguïté de la
prison pouvaient aussi soulever les personnes incarcérées
dans cette prison construite à l'époque belge pour une capacité
de 150 personnes.
Après leur
échec, les prisonniers ont résolu de violer les femmes internées
dans une autre cellule. Au total 20 femmes ont été violées
et se trouvent actuellement dans une situation critique. Le Secrétaire
général de l'ONU Ban Ki-Moon a appelé le mardi 23
juin le gouvernement de la RDC à réformer son système
pénitentiaire, après le viol de ces quelques détenues
incarcérées à la prison centrale de Goma. Il s'est
dit profondément alarmé par cet incident et estime qu'il
est un triste exemple de conditions pénitentiaires et du niveau
des violences sexuelles qui frappent la RDC. Dans un communiqué,
il appelle le gouvernement congolais à poursuivre en justice les
auteurs de ces crimes et à renouveler les efforts pour mettre fin
à l'impunité dont bénéficient trop souvent
les auteurs des violences sexuelles.
Ban Ki-moon lance également un appel au gouvernement afin qu'il
engage une reforme du système pénitentiaire en vue de se
conformer aux normes minimales internationalement reconnues en matière
de traitement des détenus y compris la séparation stricte
des hommes et des femmes. Il ajoute que la MONUC est prête à
apporter son assistance dans ce domaine. Autant de vux qui sonnent
comme des vux
pieux !
Dans son conseil extraordinaire
tenu Kinshasa le 23 juin dernier, le Gouvernement congolais a déploré
ce désastre et a décidé de dépêcher
le Ministre de la Justice sur place pour s'enquérir de la situation
et envisager des solutions palliatives. Et pourtant, selon nos sources,
les autorités provinciales étaient déjà saisies
de toutes les difficultés que traversent la prison centrale de
Goma, mais aucune disposition n'avait été prise jusqu'au
jour du drame.
Primo-Pascal RUDAHIGWA
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