Bukavu ,le 12/08/2005
Baisse
continue de la production électrique aux centrales de Ruzizi I et
Ruzizi II
Les eaux du Lac KIVU
qui font tourner les machines des centrales hydroélectriques de
Ruzizi I et Ruzizi II ont baissé de plus de 1.25m depuis le début
de la saison sèche. Mais cette baisse n'est pas un phénomène
passager, lié à la saison. Elle est plutôt une constante.
L'on estime, en effet, que le niveau du lac Kivu baisse de 1 cm par jour
depuis trois ans.
Situé entre la République Démocratique Du Congo et
le Rwanda, le Lac Kivu contient environ 580Km3. La rivière Ruzizi
sur laquelle sont installées les centrales hydroélectriques
de Ruzizi I et Ruzizi II dans la province du Sud Kivu est son déversoir
vers un autre grand lac, le Tanganyika, situé plus au sud.
Selon les experts
de la Société nationale d'électricité (SNEL),
ce phénomène est dû à la destruction de l'environnement
,le déboisement effectué dans la région depuis l'arrivée
des réfugiés rwandais en 1994 et le réchauffement
de la terre . Le responsable technique de la SNEL/ Bukavu a ajouté
une autre cause, liée à la nature même du lac Kivu
: sa forme tectonique qui le rend sujet aux mouvements géophysiques
de la Terre.
Le niveau d'eau, estimé
en temps normal à 10463m au- dessus du niveau de la mer, est allé
jusqu'à 1.461.75m au mois d'Août 2005 .
La centrale de Ruzizi I qui produisait une quantité de l'énergie
électrique de 28.2MW ne peut produire à partir du 12/08/2005
que 14MW à distribuer dans les villes de Bukavu, Uvira et Goma.
Des quatre groupes installés successivement en 1958,1959 et 1973,
seuls trois fonctionnent mais ils sont en état de vétusté.
Le quatrième est hors d'usage. Les frais d'entretien et de réparation
de cette centrale sont évalués par les ingénieurs
de la SNEL à 3.547.330$ US que la Société ne peut
pas réaliser sans l'appui des partenaires extérieurs.
La centrale hydroélectrique
de Ruzizi II érigée sur la même rivière depuis
1989 grâce à la société internationale d'électricité
des pays de Grands Lacs (SINELAC), une co-propriété du Rwanda,
du Burundi et de la République Démocratique du Congo, se
heurte également à cette baisse continue du niveau d'eau
dans le lac Kivu.
Ainsi, les villes
de Bukavu, Uvira et Goma, alimentées en énergie électrique
par ces centrales, sont plongées de plus en plus longtemps dans
le noir ; seuls les installations stratégiques sont pourvues plus
ou moins régulièrement en courant électrique : les
habitations des autorités, les hôpitaux, les centrales de
la Régie de distribution d'eau, l'aéroport, la radio et
la télévision nationale ainsi que les grandes usines.
Les spécialistes
de la SINELAC et de la SNEL pensent que ce déficit en production
du courant électrique va s'empirer dans l'avenir suite au déboisement
continu dans la région et au réchauffement progressif de
la terre.
Ils proposent la construction d'une autre centrale hydroélectrique
(RUZIZI III) répondant aux normes modernes ne dépendant
pas de la quantité d'eau dans le lac ou de recourir tout simplement
au gaz méthane disponible dans la partie Nord du lac Kivu.
La mise sur pied d'un système de gestion saine dans cette entreprise
s'avère aussi indispensable.
POLE INSTITUTE dans
sa publication " FISSURE " no 003 de Mars 2005 avait déjà
abordé le sujet de LA PROBLEMATIQUE DU DEFICIT ENERGETIQUE DANS
LA SOUS REGION DES GRANS LACS AFRICAINS. Il a particulièrement
analysé la pénurie du courant électrique.
Le Chef du Centre
de la SNEL Goma, se réfère d'ailleurs à ce travail
et soutient les solutions urgentes proposées dans cette publication.
Primo Pascal RUDAHIGWA
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