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POLE INSTITUTE
Institut Interculturel dans la Région des Grands Lacs Pour une société digne dans laquelle évoluent des hommes libres |
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Echos
de Goma et d'ailleurs
actualité analysée à partir de la base |
| JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME : UN JOUR DANS UNE VIE ORDINAIRE OU UN JOUR POUR UNE VIE NOUVELLE ? | Pourquoi,
tout en pensant " non ", je voterai oui
Ce dimanche 18 décembre 2005 (et le lendemain 19 décembre), les populations congolaises sont invitées aux urnes, pour dire oui ou non à un nouveau texte constitutionnel. L'événement en soi est une petite révolution dans un pays où la force a toujours constitué le mode d'accès facile à un pouvoir politique permettant de ramasser tout ce qui peut l'être, au profit des hommes du pouvoir. Après le passage
météoritique de la première législature caractérisée
par un amateurisme et une naïveté prévisibles du fait
de l'impréparation de la classe politique et de l'armée
nationale post-coloniales, Joseph-Désiré Mobutu, un ex-sergent
devenu colonel et qui deviendra plus tard Maréchal, s'empare et
du pouvoir et du pays. Cela durera plus de trois décennies. Trois
décennies entrecoupées par des élections, pour rire.
Je me rappelle que la première et la dernière fois où
j'ai participé à une élection présidentielle,
l'on m'a proposé de choisir entre le bulletin vert, synonyme de
Oui à Mobutu, et le rouge, synonyme du Non au même candidat.
Qui, bien évidemment, était l'unique candidat. Tout cela
semble normal dans un contexte de Parti-Etat, mais dans mon cas, trois
faits curieux sont à relever. Le premier, c'est qu'en réalité,
il n'y avait que des bulletins verts. (J'ai vu par la suite, longtemps
après le vote, des bulletins rouges qui, ayant échappé
à leur usage initial, servaient comme papiers d'invitation dans
des administrations et des postes de police !). Le deuxième, c'est
que j'ai été accompagné vers l'urne par un militaire,
qui m'a obligeamment aidé à glisser mon bulletin au bon
endroit. Le troisième, et le plus intéressant est que le
même soir de mon vote, alors que le dépouillement se poursuivait
à la lampe-tempête, notre Guide était proclamé
vainqueur de ce combat singulier, élu par la quasi-totalité
de ses concitoyens Avec le vent venu
de l'Est de l'Europe et la chute du mur de Berlin, surtout sous la pression
du président socialiste français François Mitterrand
au début des années 90, nos républiques bananières
se virent dans l'obligation de se démocratiser, sans quoi elles
se verraient bannies du concert des nations " civilisées ".
En RDC des concertations populaires furent organisées par le pouvoir,
une sorte de " Référendum porte à porte "
pour ou contre le multipartisme. Les Congolais " votèrent
" pour, le Maréchal versa une larme (de Léopard !)
avant de prendre congé de son cher Parti-Etat. C'était en
1990. La suite, vous la connaissez. Les Congolais se sont remis à
porter des cravates. Une Conférence nationale fut organisée.
Et surtout, une transition se mit en place. Et elle dure depuis ce temps-là.
Maintenant, ce 18 décembre 05, nous sommes invités à un Référendum transparent, prélude à une série d'autres scrutins (tout aussi transparents, nous rassure-on). Un premier pas important, pour quitter la transition politique et amorcer, peut-être, la transition entre notre extrême pauvreté et un début de bien-être. Pourquoi, alors, dirais-je non à cette Constitution ? Pour plusieurs raisons,
en rapport avec le fond de ce texte trop long (229 articles !). Mais comme
je vais voter oui, je ne vais pas relever ici et maintenant, les contenus
" litigieux ". Disons plus simplement que je voterais contre
ce texte, non pas par rapport au contenu, mais plutôt par rapport
à la désinvolture avec laquelle les principaux organisateurs
de ces scrutins traitent les populations congolaises. Comme au bon vieux
temps du colonialisme et du Mobutisme, les populations sont infantilisées
au point qu'on leur demande d'opérer un choix dont elles ignorent
les enjeux. Pressées par les agendas d'une Communauté internationale
qui les maintient sous perfusion depuis le début de cette transition,
les institutions commises à l'organisation des élections
n'ont pas pris assez de temps pour expliquer le contenu de ce texte. Mais, pourquoi je vais quand même voter oui ? Je pense que le oui
à un texte même imparfait permettrait à ceux qui soutiennent
à bout de bars ce processus de le conduire jusqu'au bout, c'est-à-dire
jusqu'à la mise en place d'institutions et d'animateurs choisis
par les populations (celles qui pourront s'exprimer, les autres sont encore
en butte à l'insécurité, notamment à l'Est
du pays). Ces animateurs - notamment les parlementaires) seraient alors
amenés à corriger les imperfections de ce texte pour que
les Congolais voient enfin le bout du tunnel. Je pense donc que les enjeux principaux de cette série d'élections se situent au niveau local, lorsque nous allons désigner des députés provinciaux qui vont élire des gouvernements provinciaux devant gérer au quotidien des réalités provinciales. Rien que pour cela, je voterais oui à la Constitution, si c'est la voie obligée pour atteindre, le plus rapidement, ce résultat. Onesphore Sematumba |
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Mise au point
de Pole Institute, après la parution d'un article dans le quotidien Le Potentiel |
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