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POLE INSTITUTE
Institut Interculturel dans la Région des Grands Lacs Pour une société digne dans laquelle évoluent des hommes libres |
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Echos
de Goma et d'ailleurs
actualité analysée à partir de la base |
| JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME : UN JOUR DANS UNE VIE ORDINAIRE OU UN JOUR POUR UNE VIE NOUVELLE ? |
R.D.C. : LA DÉCENTRALISATION EN DANGER ? La décentralisation et l'autonomie financière des provinces sont parmi les innovations les plus concrètes et les plus porteuses dans le nouvel ordre politique en République Démocratique du Congo. En effet, selon l'article 175 de la nouvelle Constitution, celle de la IIIe République adoptée par référendum en décembre 2005 et promulguée en février 2006, "La part des recettes à caractère national allouée aux provinces est établie à 40%. Elle est retenue à la source. " Cette disposition
vise à mettre fin au vieux régime de la "rétrocession",
selon lequel la totalité des recettes publiques était d'abord
versée au gouvernement central pour ensuite être "rétrocédée"
au niveau local selon une clé de répartition fixée
par la loi mais rarement respectée dans la pratique. Les gouvernements
provinciaux, issus pour la première fois d'élections législatives
provinciales libres qui ont eu lieu le 29 octobre 2006, auront maintenant
le droit de garder pour eux-mêmes 40% des recettes publiques qu'ils
prélèvent. Ce qui ouvre toute une série de possibilités
d'action politique, de développement et de débat civique
au niveau provincial. La précision que ce pouvoir s'étend
aux "recettes à caractère national" clarifie qu'il
ne s'agit pas seulement de petites taxes locales, mais bien des revenus
publiques à grande échelle. Ceci est important surtout pour
les provinces qui vivent de l'exploitation des ressources naturelles sur
leur territoire et qui jusqu'à ce jour voient les richesses tirées
de cette exploitation disparaître. A propos du programme de "mesures correctives", il trouve son origine dans la crise intervenue au cours de l'année 2006 entre la RDC et les bailleurs , crise consécutive à l'incapacité du gouvernement d'honorer ses engagements vis-à-vis des bailleurs, notamment le FMI, dans le cadre du PEG (Programme Économique du Gouvernement). Comme l'explique le Professeur Mabi Mulumba, Président de la Cour des Comptes, dans un article paru dans " La Référence Magazine ", " le FMI a suspendu sa coopération avec le gouvernement de la RDC à cause du non respect de certains critères de réalisation, notamment les dépassements budgétaires et la lenteur dans la réalisation des réformes structurelle ". Jusqu'aux nouvelles négociations prévues entre le gouvernement élu et les bailleurs en 2007 après l'installation des nouvelles autorités, la RDC vit avec un " Programme Relais de Consolidation " (PRC), qui " va être exécuté par le gouvernement sans appui financier extérieur... comme si le pays était revenu à la case départ de la reprise de la coopération avec la communauté financière internationale. " Le PRC, dont la période d'application s'étend d'avril à décembre 2006, est extrêmement contraignant en matière de dépenses publiques. Dans une période où les élections exigent plutôt des largesses, il n'est pas surprenant de constater qu'il n'ait pas été suivi à la lettre. Mais si la RDC ne parvient même pas à honorer ce programme d'urgence, la confiance des bailleurs va encore baisser et les négociations de 2007 seront gravement handicapées, mettant en péril le but déclaré de parvenir à des annulations de dettes substantielles sur lesquelles se basent tous les espoirs de relance post-électorale. C'est la raison pour laquelle les "mesures correctives" du 14 octobre sont un plan de sauvegarde de dernière minute, " pour rentrer dans les objectifs du PRC et prévenir les risques du premier trimestre 2007 ", selon le document du 14 octobre 2006. Mais l'idée
d'amputer les provinces de leurs recettes sur base d'une révision
du calcul de la rétention des recettes publiques à la base
va bien au-delà d'un programme transitoire d'urgence. Elle vise
tout le dispositif constitutionnel de la IIIe République. Selon
certains échos, elle est issue de la pression des bailleurs internationaux
qui voient d'un mauvais oeil le fameux article 175 de la Constitution.
Le représentant de la Banque Mondiale en RDC, Jean-Michel Happi,
répond directement à la question " 40% de quoi? "
par ces mots: " cela nécessite d'être qualifié
et rendu opérationnel par un décret-loi.... Mettre dans
une Constitution des choses aussi normatives, c'est toujours problématique
". Il n'est pas possible, selon lui, d'inclure toutes les recettes
perçues en province dans les 40%. Comme exemple de recettes "
problématiques " il cite les recettes douanières du
port de Matadi et les recettes minières du pays. Déjà aujourd'hui, sous le régime de la rétrocession, les effets des nouvelles mesures se font sentir. Comme le rapporte " Le Potentiel " du 10 novembre : " les rétrocessions du gouvernement central aux provinces sont déjà déduites du montant perçu par la Direction des Grandes Entreprises, ce qui conduit à des problèmes budgétaires graves au niveau des provinces. " Le Ministre des Finances, Marco Banguli, aurait dit que c'est le prix à payer pour ne pas "s'éloigner des objectifs du PRC au 31 décembre 2006. " Il y a d'autres problèmes à l'horizon. Un chef d'entreprise à Kinshasa, contacté pour donner son avis sur la mesure du 14 octobre - et qui n'en était pas au courant - a tout de suite formulé la crainte suivante: " Si les taxes que je paye maintenant à la Direction des Grands Entreprises sont centralisées, il va y avoir de grands problèmes avec les autorités provinciales dès que j'essaie de faire des affaires hors de Kinshasa. Les services provinciaux vont exiger des taxes supplémentaires pour compenser les montants des autres taxes qu'ils ne peuvent plus garder", a-t-il dit. Cela va donc alourdir sa facture et accroître les tracasseries bureaucratiques - l'inverse des réformes économiques exigées et attendues par les bailleurs de fonds. La meilleure réponse à la faiblesse des institutions congolaises - connue de tous - devrait être la mise sur pied d'institutions qui marchent au niveau local et non la réduction à presque rien de la seule source de redevabilité au niveau local. Dominic Johnson |
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Mise au point
de Pole Institute, après la parution d'un article dans le quotidien Le Potentiel |
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