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POLE INSTITUTE
Institut Interculturel dans la Région des Grands Lacs Pour une société digne dans laquelle évoluent des hommes libres |
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Echos
de Goma et d'ailleurs
actualité analysée à partir de la base |
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Nord Kivu : le pire est-il encore à venir ? |
Nord- Kivu : le triomphe de la politique du pire ? Le président Joseph Kabila est de nouveau à Goma depuis le dimanche 14 octobre 07. C'est la troisième fois depuis sa prestation de serment comme président élu qu'il foule le sol de la ville volcanique, chef-lieu du Nord Kivu, l'une des provinces de l'Est (avec ses voisines du Sud Kivu et de l'Orientale) qui continuent à constituer le ventre mou de la sécurité en République Démocratique du Congo, cinq ans après la fin officielle de la guerre. Et cette fois-ci, en octobre 07, comme la première, en janvier , le Nord- Kivu est à feu et à sang ; les populations civiles continuent à être ballottées d'un coin à l'autre d'une province où les coins sécurisés, dans les villes comme dans les campagnes, se réduisent chaque jour comme une peau de chagrin. Tout naturellement la venue du Président de la République dans ce contexte ne laisse personne indifférent. Elle suscite pour certains des attentes énormes, surtout de la part de ces populations qui attendent de lui qu'il s'acquitte de la dette sécuritaire qu'il a contractée auprès d'elles à l'occasion du scrutin présidentiel de 2006. Pour d'autres, de plus en plus blasés par une situation qui évolue en spirale depuis des années, cette visite présidentielle passe au second plan, le premier étant la lutte pour la survie quotidienne du fait que sur le plan social, les dividendes des élections se font désespérément attendre. 1. La force des symboles et les symboles de la force Le Nord Kivu est pris en otage par un réseau de violence dont presque personne n'évalue ni la capacité de nuisance ni l'occupation réelle du territoire. Plusieurs groupes armés, étrangers ou nationaux, s'y disputent l'hégémonie de la force, l'effectivité de l'administration et le contrôle de ressources économiques locales. Parmi les groupes armés nationaux, on retrouve ainsi des Maï Maï, une nébuleuse qui fait partie de l'Alliance pour la Majorité Présidentielle au gouvernement mais dont des éléments ou des tendances continuent à écumer certains espaces de la RDC, dont les territoires de Lubero, Beni, Rutshuru, Walikale et Masisi, au Nord Kivu. Une autre organisation a vu le jour cette année dans le Masisi : le Parti des Résistants Congolais (PARECO), censé regrouper les Maï Maï et une milice composée de militaires Hutu réputés proches des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Mais celui qui défraie la chronique sur le plan de la sécurité au Nord Kivu est sans conteste Laurent Nkunda. Ce dernier, ex-général des FARDC, est à la tête d'un mouvement politico-militaire, le Conseil national pour la Défense des Peuples (CNDP), en guerre ouverte contre le pouvoir de Kinshasa au Masisi et à Rutshuru. Les groupes armés étrangers actifs sur le terrain au Nord Kivu sont les ADF-NALU, opérant dans les territoires septentrionaux de Lubero et de Beni à la frontière avec leur Ouganda natal et les FDLR, Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qui contrôlent de façon plus ou moins permanente le territoire de Walungu (Sud Kivu), une grande partie de Walikale et de Rutshuru, au Nord - Kivu. Cette mosaïque des forces de la violence au Nord Kivu est souvent réduite à un binôme qui comprendrait le CNDP de Laurent Nkunda d'une part et les FARDC de l'autre, les deux forces en état de belligérance ouverte depuis plus d'une année aujourd'hui. La rébellion de Laurent Nkunda au pouvoir central et ses victoires face à des FARDC en chantier a cristallisé les esprits et les énergies tant au niveau local qu'au niveau national, au point que ce général est devenu au fur et à mesure le symbole de la faiblesse des institutions. Son anéantissement apparaîtrait donc comme le symbole de la force retrouvée. C'est cette cristallisation qui bloque les initiatives politiques et qui explique la prolifération des symboles de la force au Nord Kivu. Les rotations d'avions chargés d'équipements militaires et de munitions, le déploiement des brigades entières et des délégations institutionnelles en provenance de Kinshasa, les ultimatums et les mises en demeure procèdent de cette lecture et toute tentative de dialogue et de négociation est qualifiée a priori de faiblesse tant par une bonne partie des populations civiles que par les élus originaires de cette province. 2. Arrivée de la Communauté internationale : mise en place terminée ? Sur le front militaire, les positions n'ont pas beaucoup bougé, et cette drôle de guerre me fait beaucoup plus penser à un match de rugby qu'aux conquêtes d'Alexandre le Grand. Chaque belligérant gagne laborieusement quelques arpents de terre et glose sur les ondes des radios internationales à chaque fois qu'il investit un village préalablement déserté par des habitants affolés par les bombardements aveugles. Encore des symboles. Par contre, sur le front humanitaire, la crise est réelle et nous allons inexorablement vers la catastrophe si rien n'est fait pour arrêter ces déplacements des populations rurales qui étouffent de plus en plus l'armée des chômeurs dans les villes. Depuis le début de cette guerre, l'économie rurale qui avait repris des couleurs dans le Masisi a de nouveau sombré. Les saisons culturales ont été remplacées par les périodes de distribution de rations humanitaires dans les camps. Les organisations humanitaires se disent dépassées par l'ampleur de la crise. Elles regrettent de ne pas avoir accès aux victimes du fait de l'insécurité alors que la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) continue d'attiser le feu en facilitant le transport des troupes et des munitions sur les lignes de front, comme si le renforcement du potentiel de violence était la seule voie de soutenir la RDC dans la résolution de ce problème du Nord Kivu ! L'arrivée impromptue d'une forte délégation d'ambassadeurs accrédités à Kinshasa ce lundi 15 octobre 07 et leur réunion avec le Président Joseph Kabila a suscité, elle aussi, à la fois des espoirs et des craintes. Les ambassadeurs de Grande Bretagne, de France, de la Belgique, de l'Afrique du Sud et le délégué de celui des USA, avec à leur tête le tout puissant William Lacy Swing ont ainsi couvert en un jour les 400 kilomètres (Kinshasa-Goma-Kinshasa) pour rencontrer la délégation présidentielle à Goma. Pour les partisans de la politique de la terre brûlée, cette arrivée pouvait compromettre l'assaut final contre Nkunda programmé pour le même jour à minuit. Pour les autres, cela pouvait augurer un début de solution pacifique en vue d'un chronogramme du retour des déplacés chez eux. Personne ne pouvait s'imaginer un seul instant que cet impressionnant déploiement diplomatique se solderait par une sorte de non- communication sur un problème aussi crucial. En effet, la Communauté internationale, par la bouche de l'ambassadeur Swing, a réitéré son soutien au gouvernement de la RDC, a demandé à Laurent Nkunda de rejoindre le processus de brassage " sans délai et sans préalable ". Avant de suggérer aux FDLR de " rentrer à la maison " ! Sans blague !! 3. Banalisation du crime au quotidien Pendant ce temps, la présence du Président à Goma n'a pas infléchi le cours de la criminalité au quotidien dont les populations sont victimes en marge (ou à cause ?) de cette insécurité globale. Dans la nuit du dimanche 14 octobre 07, un homme a été mortellement poignardé à Sake par quelqu'un qui s'était présenté comme un visiteur. Le même jour, Monsieur Idi, président des bouchers dans un petit marché de Goma, a été froidement abattu par un policier à qui il venait de refuser 150 francs congolais (0,3 $ américains). Le policier a eu la vie sauve grâce à l'intervention de ses collègues, mais le petit poste de la police a été incendié par des badauds en colère. Le cas le plus révoltant est celui de l'assassinat de Monsieur Bahati Manegabe, 27 ans, ex-chauffeur de l'ex-gouverneur Serufuli. Révoltant parce que son assassinat le vendredi 11 octobre 07 paraît comme l'aboutissement d'une " chronique d'une mort annoncée ". En effet, le samedi 14 juillet 07, Bahati avait échappé à un enlèvement perpétré par un homme se prévalant du grade de Colonel en face de l'hôpital général de Goma. Il résistera à l'acharnement de son bourreau grâce à l'intervention des vendeurs de carburant à la sauvette, communément appelés " Kadhafi ". Dans la lutte, l'infortuné perdra le pouce droit et sera blessé à la lèvre. Par la suite, et selon son témoignage, il subira des pressions, y compris des promesses financières, pour qu'il " se taise ". Devant son obstination de vouloir comprendre qui et pourquoi on lui en voulait, ses bourreaux l'ont réduit au silence, pour de bon. Sa femme, blessée au cours de l'attaque, apprendra-t-elle un jour pourquoi son jeune mari a succombé aux balles ce soir-là ? Quels intérêts ont conduit à sacrifier un jeune chômeur ? En guise de conclusion Depuis le déclenchement de cette énième guerre du Nord Kivu, une constante s'est observée : c'est la rétention de l'information, entraînant un déficit général de communication. Cette sorte de chape de plomb sur fond de rumeurs et de suspicion peut conduire, sur la durée, à un contexte sociologique et politique difficile à gérer. Avec la guerre de positionnement politique en cours et les manipulations de toutes sortes et au vu des intérêts importants drainés par le " war business ", l'on est en droit de se demander si l'information, la bonne, circule de la base au sommet pour permettre des prises de décisions qui tiennent en compte d'abord les problèmes réels de ces populations qui ont le droit de vivre une vie normale. A moins que ce ne soit trop demander aux adeptes de la politique du pire Goma, le 16 octobre 07 Onesphore
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| République
démocratique du Congo : fin de la RECREATION ou début de la RE- CREATION d'un Etat ? |
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Mise
au point de Pole Institute, après la parution d'un article dans le
quotidien Le Potentiel |
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RULES
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