![]() |
POLE INSTITUTE
Institut Interculturel dans la Région des Grands Lacs Pour une société digne dans laquelle évoluent des hommes libres |
|
|
|
Echos
de Goma et d'ailleurs
actualité analysée à partir de la base |
| Conférence
sur la Paix, la Sécurité et le Développement aux Kivus
: contrastes et constantes des discours |
La Conférence de la dernière chance? Et après? La Conférence sur la Paix, la Sécurité et le Développement des provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu qui a lieu à Goma en ce janvier 2008 est un amalgame curieux de toutes sortes d'éléments caractéristiques de l'histoire et de la situation actuelle de ce pays énorme qu'est le Congo. Il est évident qu'après l'échec de l'option militaire, cette conférence constitue en quelque sorte la dernière chance pour le gouvernement et ses mentors de la Communauté Internationale. Une de ses grandes faiblesses étant qu'elle n'a pas lieu parce que soudain on se serait rendu compte que si on veut une paix durable il faut régler par la négociation les multiples problèmes et conflits d'intérêt entre communautés. La Conférence est le fruit de l'échec de l'option militaire forcée par le gouvernement avec le soutien de la MONUC. " Nous sommes ici à cause de ou grâce à Nkunda ", comme le formulait à la tribune un des nombreux représentants des groupes armés Mai Mai. Sauf coup de théâtre
de dernière minute, un acte d'engagement va être signé
par les groupes armés, le mouvement politico-militaire CNDP et
des représentants du gouvernement avec comme témoins les
ténors de la Communauté Internationale. En dehors d'un cessez-
le-feu immédiat cet accord prévoit la mise en place d'une
commission technique facilitée par la Communauté Internationale
censée régler tous les détails de désengagement
militaire, déterminer " les modalités du brassage "
et mettre en uvre le plan de Nairobi. La MONUC est censée
se déployer dans tous les territoires occupés par les différents
mouvements et groupes armés. Le calendrier du retour des tous les
réfugiés congolais doit également être fixé
par cette commission. La libre circulation des biens et des personnes
ainsi que la suppression des barrières routières sont prévues.
L'épineuse question de l'amnistie est gérée par un
projet de loi d'amnistie que le gouvernement s'engage à soumettre
au parlement en excluant les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.
Le gouvernement s'engage également à s'abstenir de tout
appui ou soutien militaire et logistique aux groupes armés nationaux
et étrangers. Ce ne sera pas facile
au vu des difficultés réelles. De nombreux participants
et observateurs de la Conférence veulent en dépit de tous
les cafouillages croire à un résultat positif qui changera
vraiment les choses. " Au moins les gens se parlent entre eux, l'ambiance
est bonne, on met des choses sur la table et on se serre les mains. "
C'est ce qu'on entendait dans les couloirs de la conférence. Or
tout cela on l'a déjà vu à plusieurs reprises, avec
en marge les mêmes manuvres de " ventriotes invertébrés
". Ce n'est pas non plus la première fois qu'on a essayé
de faire un état des lieux des problèmes. Au contraire,
en entendant de nombreuses contributions des communautés comme
des groupes armés on avait l'impression de revenir en arrière.
Comme le disait un collègue congolais : " A quoi auront servi
notre constitution, les élections, etc. si on revient encore et
toujours en arrière en refaisant la genèse des mêmes
conflits et problèmes ? " En effet, mais n'est-ce pas là
une indication et une alerte fortes que la constitution est restée
lettre morte et qu'il faut plus que des élections pour se l'approprier.
Les lignes de fracture entre communautés existent et se renforcent. Nous voudrions ajouter un autre point qui nous semble crucial : - La haine et la méfiance entre communautés est plus grande que jamais. La société est bien plus fragmentée qu'elle ne l'était dans les années 90. Ceci est en grande partie dû aux discours incendiaires des leaders nationaux et provinciaux, mais aussi de représentants des églises et de la société civile, pendant la campagne électorale qui en dernière analyse était basée sur des discours identitaires et ventriotes. Un mélange terrible. Comment arriver à construire des ponts entre les communautés ?
En prétendant faire les deux à la fois, la Conférence de Goma risque de se réduire à un grande pièce de théatre mélodramatique qui en définitive ne fait ni l'un ni l'autre. A notre avis, au point ou nous en sommes, les deux actions ou opérations sont des préalables pour établir une base solide de construction de l'Etat, mais doivent être gérées séparément et de manière différente. Un dialogue sérieux
entre communautés est plus que jamais nécessaire pour avancer
vers une paix durable. Entre la chute de Mobutu et les accords de Sun
City, un tel dialogue avait été entamé avec sérieux
et succès localement notamment pas le Barza Intercommunautaire
du Nord Kivu accompagné entre autres par notre Institut. Les campagnes
et batailles pré-électorales ont mis fin à tout cela
et toutes les tentatives de ressusciter ce type de travail ont jusqu'ici
échouées. Quelle en sont les raisons ? D'autre part, les violons ne s'accordent pas entre les populations autochtones. Il se pose un problème de marginalisation. Toutes les communautés veulent participer à la gestion de la chose publique. Les Rwandophones, quant à eux, recommandent à l'Etat d'opérer un " découpage administratif responsable ". Ils estiment que les minorités de deux provinces sont victimes de haine tribale. Eriger Minembwe en territoire ne présente aucun mal. " (Le Potentiel, 18/1/08) La question du découpage
de territoires ne se pose d'ailleurs pas seulement au niveau des Banyarwanda,
au Sud Kivu les Batembo réclament un territoire à eux à
Bunyakiri. De toutes les façons,
pour pouvoir à progresser, il y a une condition : que les notables,
les personnes que les populations à la base écoutent, les
leaders des églises et des communautés, qu'ils soient dans
l'appareil d'Etat ou de la société civile, arrêtent
le double langage : La question des FDLR : un problème sans solution ? Les négociations
entre belligérants doivent se passer entre les vrais acteurs armés
qui sont opposés les uns aux autres. Il faudra notamment regarder
de près quels groupes portent les revendications des communautés
qui ont l'impression de ne pas pouvoir s'exprimer autrement ?
Contrairement à
ce qu'impliquent une partie des documents de la conférence et certaines
prises de position officielles, au Nord Kivu comme au Sud Kivu nous sommes
dans une situation d'insécurité généralisée,
de conflits armés persistants en non dans une situation de reconstruction
post-conflit. Le constat est que les logiques militaires dominent le jeu
mais n'ont pas permis de stabiliser la situation. Au contraire. la méfiance,
la haine, l'exclusion entre communautés est plus forte et donc
le danger de fragmentation plus grand qu'à n'importe quel moment
depuis 1996. Les forces en présence au Nord Kivu ne sont pas les
mêmes qu'au Sud Kivu. La multitude de groupes armés, leurs
agendas et leurs alliances variables et en partie imprévisibles,
devraient interdire toute simplification qui se résume à
désigner un bouc émissaire et exigent une analyse approfondie
et différenciée. Christiane Kayser |
| La Conférence de la dernière chance? Et après? | |
| Conférence sur la Paix, la Sécurité et le Développement des provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu | |
| Nord Kivu : la Constitution à l'épreuve de la Rue ? | |
Crise à Goma : peut-on sortir de la logique du saupoudrage ? |
|
Déplacés de l'Est de la RDC : leadership ou manipulation ? |
|
La troisième guerre du Congo? La RDC un an après les élections. |
|
| Nord- Kivu : le triomphe de la politique du pire ? | |
| Nord Kivu : le pire est-il encore à venir ? | |
| République
démocratique du Congo : fin de la RECREATION ou début de la RE- CREATION d'un Etat ? |
|
|
Mise au point
de Pole Institute, après la parution d'un article dans le quotidien Le Potentiel |
|
|
RULES
FOR SALE: Formal and informal cross-border trade in Eastern DRC Ressources naturelles et flux du commerce transfrontalier dans la region des grands lacs |
|
| La re-création d'un Etat sous tutelle ? Qu'en est-il du rôle de la Communauté Internationale? | |
RDC : la sécurité dans les Kivus: une question cruciale qui dépasse les débats du jour |
|
| Construire la sécurité au Nord Kivu : vers davantage d'engagements ! | |
| Une table ronde intercommunautaire provinciale convoquée à Kinshasa | |
| Laurent
Nkunda dénonce le non respect des accords de Kigali, La Rtnc / Goma sous pression |
|
| Bras de fer entre le ministère de l'intérieur et l'assemblée provinciale du Nord Kivu | |
Insécurité au Nord Kivu : marche des étudiants de Goma |
|
La sécurité, base du développement durable au Nord Kivu : quelles stratégies mettre en place ? . |
|
|
Contre l'insécurité pour plus de sécurité au Nord-Kivu et en RDC. |
|
|
Insécurité au Nord Kivu : entre fausses certitudes et vrais défis |
|
Nord Kivu : Entre négociations politiques et mixage des armées. |
|
| La
guerre du Nord Kivu: entre faucons et colombes ? |
|
| La
Monuc offre la localité de Sake aux brigades brassées des
FARDC |
|
| Sake
éternue, Goma s'enrhume |
|
| Regain
d'insécurité à Goma, et ailleurs |
|
| R.D.C.
: la décentralisation en danger ? |
|
| Troubles
à Kinshasa, violences policières à Goma. |
|
| Quelle
suite au second tour du scrutin électoral à l'Est de la RD
Congo ? |
|
| Election
des députés provinciaux au Nord -Kivu |
|
|
Envoyer
vos commentaires au webmaster |