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JOINDRE
L'ACTION À LA PAROLE ? La lente évolution de l'attitude
de la Communauté internationale envers les FDLR en République
Démocratique du Congo.
L'attitude de la Communauté internationale envers les FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) a fortement changé ces dernières années par rapport à la période où les combattants Hutus rwandais en RDC, qu'on appelait à l'époque encore Interahamwe/Ex-FAR, se battaient aux cotés du gouvernement de Kinshasa contre les rébellions soutenues par le Rwanda et l'Ouganda. Après avoir d'abord ignoré leur existence, puis misé sur la stratégie du rapatriement volontaire au début de la transition en RDC, la Communauté internationale s'est rendu compte que les éléments FDLR qui restent encore comme une force armée dans les forêts de l'Est de la RDC, malgré tous les appels à se démobiliser et à profiter des programmes DDRRR, n'étaient pas prêts à disparaître et qu'une approche nouvelle devait être trouvée. Cette évolution a connu plusieurs étapes. Le 30 juillet 2002, la RDC et le Rwanda ont fait la paix: dans l'accord de Pretoria, le Rwanda s'est engagé à retirer son armée de la RDC et la RDC s'est engagée à retirer son soutien aux Interahamwe/Ex-Far (FDLR depuis l'an 2000) dont des milliers à l'époque faisaient encore partie des Forces Armées Congolaises (FAC), l'armée du président Kabila. Le Rwanda a effectivement retiré son armée entre août et octobre 2002, mais les tentatives de la RDC de se démarquer des FDLR se sont soldées par un échec fin octobre 2002, quand les combattants FDLR se sont révoltés à la base militaire de Kamina où on les avait cantonnés pour être rapatriés au Rwanda. Après cette expérience, les combattants FDLR se sont repliés dans les zones difficilement accessibles dans les Kivus, tandis que la RDC entamait sa transition politique et que la MONUC commençait son programme DDRRR. Depuis octobre 2002 jusqu'au 24 mars 2004, la Monuc a rapatrié 6185 combattants Hutus rwandais de la RDC (1) et il en devrait rester entre 7 et 8.000, selon la MONUC (2) . En novembre 2003, un des chefs militaires les plus importants des FDLR, Paul Rwarakabije, a abandonné la lutte et s'est rendu au Rwanda. Mais au fur et à
mesure que les volontaires quittaient la RDC, les éléments
restants se sont radicalisés et ont multiplié leurs opérations
militaires dans les deux Kivus pour, d'une part, s'approcher des frontières
du Rwanda en vue de leur but à long terme de se battre sur le sol
rwandais, et, d'autre part, se tailler des territoires et s'organiser
de nouvelles sources de revenus. "Précédemment, Kinshasa
nous envoyait 100 dollars par mois, mais depuis août 2002 on ne
touche plus rien", expliquait un sergent des FDLR qui s'était
rendu aux FARDC (3) . Dans les cercles FDLR en exil, des divisions commençaient
à naître, avec des suspensions mutuelles de dirigeants (4)
Sur le terrain, cette situation se traduisait par l'apparition de groupuscules
comme les Rastas et les exactions contre les civils, dont la plus notoire
demeure à ce jour le massacre de Gatumba du 13 août 2004
quand des combattants Hutus burundais et peut-être rwandais ont
massacré 164 personnes, principalement des réfugiés
banyamulenge congolais, dans un camp de réfugiés au Burundi. Fin novembre 2004,
une incursion de l'armée rwandaise au Nord-Kivu - partiellement
niée par Kigali mais confirmée par des témoins -
a provoqué de nouveaux combats entre des factions opposées
des FARDC dans le Nord-Kivu et a montré que le problème
des FDLR pourrait faire capoter la transition en RDC - qui à l'époque
était encore censé aboutir à des élections
avant le 30 juin 2005 - et aussi produire une nouvelle guerre entre la
RDC et le Rwanda. L'idée qu'il fallait envoyer des troupes internationales
a ensuite fait son chemin, basé sur le constat que le rapatriement
volontaire avait atteint ses limites et que les combattants désireux
d'être rapatriés encore implantés en RDC étaient
empêchés de quitter leurs rangs par les dirigeants FDLR plus
radicaux. Sous cette pression, les FDLR ont accepté pour la première fois d'entrer dans un processus politique. Le 31 mars 2005, à l'issue de plusieurs semaines de contacts tripartites facilités par les médiateurs de Sant'Egidio en Italie, les FDLR "s'engagent à cesser la lutte armée", "de transformer leur lutte et combat politique, au fur et à mesure que les mesures d'accompagnement seront identifiées et mises en oeuvre". Aussi ils "condamnent le génocide commis au Rwanda," ainsi que le terrorisme "et les autres crimes de droit international" (7) . Mais le processus semblait miné dès le début. Dans une lettre de clarification publiée quelques jours plus tard, les FDLR exigeaient toute une série de préalables politiques au Rwanda, y compris la suppression des juridictions " gacaca ", des changements dans la constitution rwandaise et "un soutien financier" (8) . Le président des FDLR, Ignace Murwanashyaka, précisait que "nous ne pouvons pas dire que nous sommes prêts" au rapatriement (9) . Malgré ces
doutes, les préparatifs pour l'envoi d'une force internationale
contre les FDLR se sont arrêtés à ce moment-là.
Par la suite, toute l'attention de la Communauté internationale
s'est tournée vers le succès de la transition en RDC, en
dépit des massacres et exactions de plus en plus fréquents
commis par des combattants Hutu rwandais au Kivu. L'option militaire contre les FDLR ne fut jamais officiellement abandonnée, mais elle ne se poursuivit pas non plus. Plusieurs sortes d'arguments étaient avancés pour justifier cette option. Les uns, plus méfiants envers le Rwanda qu'envers la RDC avançaient que les revendications politiques des FDLR au Rwanda étaient en quelque sorte légitimes ou, au moins, que ce n'était pas à la Communauté internationale d'en juger la légitimité ; au contraire, celle-ci se devait de promouvoir un dialogue entre le gouvernement et les rebelles rwandais. Donc une pression militaire sur les FDLR serait contre-productive. D'autres, plus réalistes, soulignaient l'incapacité d'une force internationale quelconque à traquer des miliciens rwandais dans un terrain inconnu, parfaitement maîtrisé par des miliciens qui pouvaient se fondre dans la population, au moins au regard des troupes extérieures. Le 1er novembre 2005 le comité de sanctions de l'ONU pour la RDC, censé surveiller l'embargo partiel sur les armes décrété en 2003 a imposé des sanctions contre plusieurs dirigeants de groupes armés opérant dans l'Est du Congo, y compris les FDLR. C'était une première, mais cela n'a pas changé grand chose ni sur le terrain ni sur le plan international. Ces mesures ont soumis les personnes ciblées à des interdictions de voyage et au gel de leurs avoirs à l'étranger. Mais comme ce n'était pas une résolution du Conseil de sécurité, ces mesures n'étaient pas considérées comme contraignantes par nombre de pays. Ce n'est qu'avec l'envoi de troupes européennes à Kinshasa pour sécuriser les élections de juillet et octobre 2006 en RDC que l'Europe s'est rendue compte que la présence des leaders FDLR sur le territoire des pays tiers, surtout en Europe, leur circulation et activisme politique en toute liberté pourraient poser problème. Les décisions de l'ONU donnaient alors la possibilité de restreindre les mouvements du leadership des FDLR établi à l'étranger. Le 7 avril 2006, leur président Murwanashyaka était arrêté à Mannheim en Allemagne après être rentré de l'Ouganda via la Belgique. Placé en garde à vue jusqu'au 25 avril pour avoir violé les conditions de son statut d'exilé politique, il est libéré par les autorités allemandes sur intervention de son avocat, mais son statut de réfugié lui est retiré et il est assigné à l'obligation de se présenter deux fois par la semaine à la police allemande à Mannheim (11) . Par la suite, Murwanashyaka a porté plainte contre le retrait de son statut de réfugié et le procès n'a toujours pas abouti. Le 26 mai 2006, le procureur général de l'Allemagne a ouvert une instruction contre Murwanashyaka pour participation à des crimes contre l'humanité en RDC. Quelques mois après, l'instruction était close, sans résultat apparent. Selon des sources proches du Procureur général, le TPIR à Arusha et le CPI à La Haye ayant répondu par la négative à la question si des preuves contre Murwanashyaka existaient chez eux, on aurait décidé de ne plus poursuivre l'affaire (12) . Le lien entre cet activisme judiciaire mort-né de 2006 et l'envoi de soldats allemands en RDC dans la même période n'est pas clair, et l'intérêt allemand pour les FDLR est retombé depuis. Un facteur qui a revigoré l'intérêt international de venir au bout du problème FDLR de manière plus soutenue était l'apparition de la rébellion de Laurent Nkunda au Nord-Kivu après les élections. Depuis la création officielle par le général dissident de sa rébellion CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple), juste avant les élections de 2006, Nkunda a justifié son action entre autres par les agissements des FDLR et le besoin de protéger les Tutsis. Ses troupes sont entrées en guerre plusieurs fois contre les FDLR notamment dans le territoire de Rutshuru. Après que le CNDP et le gouvernement de Kinshasa se sont mis d'accord début 2007 sous médiation rwandaise sur un processus de "mixage" entre brigades rebelles et brigades gouvernementales au sein des FARDC, les brigades "mixées" sont entrées en guerre contre les FDLR notamment dans la région de Rutshuru-Ishasha, ce qui a provoqué la fuite de nombreuses populations civiles, majoritairement des Hutus congolais. Au sein de cette communauté, des mouvements armés comme le PARECO (Patriotes Résistants Congolais) sont nés avec le soutien plus ou moins ouvert de certains politiciens de la province du Nord-Kivu et de factions FARDC opposées au mixage. A leur tour, les FDLR ont commencé à recruter des Hutus congolais. Le spectre d'une guerre ethnique au Nord-Kivu, avec les FDLR comme parti prenant, se profilait à l'horizon même avant l'échec du mixage fin août 2007 et la nouvelle guerre entre le CNDP et les FARDC de septembre et décembre 2007 qui s'est soldée par une défaite cuisante des FARDC et la Conférence de paix de Goma janvier 2008. L'échec du mixage a été provoqué notamment par les propos du chef de l'état-major des forces terrestres des FARDC, le Général Gabriel Amisi, en août 2007 quand il a décrété la fin des opérations militaires des brigades mixées contre les FDLR "en raison de la confusion qui règne entre ces miliciens et les Hutus congolais" (13) . Cette déclaration a incité les éléments CNDP des brigades mixées à quitter le mixage, à regagner leurs fiefs et à continuer seuls le combat, ce qui a amené les FARDC à leur livrer une guerre féroce de septembre jusqu'en décembre 2007. Cette guerre qui a ensanglanté le Nord-Kivu, a jeté des centaines de milliers de civils sur la route et donné lieu à des craintes d'une nouvelle explosion dans la région des Grands Lacs. Les efforts internationaux de résoudre cette nouvelle crise - à part le soutien logistique de la Monuc aux FARDC- sont partis de la reconnaissance du rôle central qu'y jouait la problématique FDLR. Basés sur la conviction que le Rwanda aurait encouragé Nkunda comme contrepoids aux FDLR pour forcer la RDC à agir contre les milices Hutus, beaucoup de diplomates ont répété maintes fois que la neutralisation de la rébellion Nkunda passait par le démantèlement préalable du "prétexte" FDLR. Au plus fort de la guerre de 2007, le 9 novembre 2007, les gouvernements de la RDC et du Rwanda, sous pression internationale, se sont donc accordés dans le "Communiqué de Nairobi" de mener "une approche commune à l'égard de la menace posée à notre sécurité et notre stabilité par les Ex-FAR/Interahamwe". Le gouvernement de la RDC s'engagea à "lancer d'urgence des opérations militaires pour démanteler les ex- FAR/Interahamwe", le Rwanda à "empêcher que toute forme de soutien soit fourni à aucun groupe armé en RDC" (14) . Cet engagement conjoint donnait naissance à un "processus de Nairobi", où, sous pilotage international, une nouvelle approche contre des FDLR devrait être planifiée et mise en oeuvre - une approche où l'on ne laisse plus en paix ceux d'entre les FDLR qui refuseraient être désarmés et rapatriés, en les contraignant, sous pression militaire, à joindre le processus ou à s'éloigner de l'Est du Congo. La mise en oeuvre du Communiqué de Nairobi a tardé. Côté congolais, jusqu'à maintenant il n'y a aucune capacité ni de planifier, ni d'organiser et encore moins d'exécuter une stratégie militaire contre les FDLR. Cela complique la tâche des médiateurs internationaux qui sont censés faciliter la mise en oeuvre des engagements de Nairobi. La Monuc a commencé la formation de certains éléments des FARDC susceptibles d'être déployés contre les FDLR, mais en même temps, les soupçons d'une collaboration continue entre éléments FARDC et FDLR persistent. Un facteur nouveau qui a galvanisé la Communauté internationale a été la mobilisation de l'opinion internationale suite à des témoignages de plus en plus insistants et précis sur les violences sexuelles à grande échelle, commises surtout par les FDLR. Plusieurs films sur le sujet ont notamment été produits et ont été primés lors de festivals internationaux (15) . Le travail de Heal Africa à Goma et de l'hôpital Panzi à Bukavu avec les femmes victimes des violences sexuelles a été fortement médiatisé à travers le monde. Ceci a commencé bien avant le Communiqué de Nairobi. Déjà le 27 juillet 2007, lors d'une conférence de presse à Kinshasa, la rapporteure spéciale de l'ONU sur la violence à l'égard des femmes, Yakin Ertürk, a fait des déclarations très fortes sur l'étendue des violences sexuelles commises principalement par les FDLR à l'Est du Congo ; c'était à la fin d'un voyage en RDC du 16 au 27 juillet. Elle a parlé d'une volonté d'annihilation physique et psychique des femmes congolaises par des forces génocidaires venues du Rwanda. "À de nombreux égards, ces atrocités rappellent celles commises par l'Interahamwe pendant le génocide rwandais", a-t-elle dit (16) . Plusieurs fois, les crimes sexuels en RDC ont été débattus au sein des organes de l'ONU. Avec la résolution
1804 du 13 mars 2008, le Conseil de Sécurité de l'ONU a
adopté la condamnation la plus explicite de son histoire des FDLR
et d'autres groupes armés rwandais, "qui, opérant dans
l'est de la République démocratique du Congo, continuent
de menacer gravement la paix et la sécurité de la région
des Grands Lacs dans son ensemble". Cette clause visait surtout des pays comme l'Allemagne, la France et autres où les dirigeants des FDLR continuaient à cette époque à s'exercer librement. La visite en Allemagne du président rwandais Paul Kagamé en avril 2008, peu après la résolution 1804, a servi à revigorer le débat. Le jour de son arrivée, 23 avril 2008, le quotidien Die Tageszeitung avait créé le scandale en titrant "L'Allemagne tolère un chef terroriste" avec une photo de Murwanashyaka sur la Une.(18) Cette interpellation a provoqué un tollé dans une certaine partie de la blogosphère allemande, alimentée par une certaine propagande révisionniste rwandaise. Lors de ses entretiens avec le gouvernement allemand ce jour-là, Kagamé a exhorté l'Allemagne à agir contre les "génocidaires" et les responsables FDLR en territoire allemand. Le chef du gouvernement allemand, la chancelière Angela Merkel, a répondu au président Kagamé en disant que l'Allemagne prenait "très au sérieux" les sanctions de l'ONU (19) . Les exhortations du président du Rwanda et le débat médiatique ont réussi à remettre en action la machine judiciaire et politique. Avant la visite de Kagamé, la présence du leader des FDLR en Allemagne était inconnue même par certains spécialistes et des politiciens qui s'intéressent à la région des Grands Lacs, comme une délégation parlementaire allemande qui a exprimé son embarras lors d'une visite au Congo entre les 13 et 20 avril 2008. Selon des membres de cette délégation, ils ont été interpellés à ce sujet par la MONUC à Goma alors qu'ils ignoraient totalement de quoi il s'agissait (20) . Le 23 avril, donc le jour même de l'arrivée du président rwandais en Allemagne, la police allemande a arrêté un fugitif recherché pour participation au génocide rwandais, Onesphore Rwabukombe. Maire de la commune rwandaise de Muvumba en 1994, il figurait sur la "liste rouge" d'Interpol depuis 2007. Et depuis un certain temps, le président des FDLR, Murwanashyaka, fait de nouveau l'objet d'une instruction pour violation présumée de son devoir de réserve politique à son domicile à Mannheim. Ceci a été annoncé devant le Parlement allemand, le Bundestag, le 7 mai 2008 par le numéro 2 du ministère des affaires étrangères, Gernot Erler lors d'un débat parlementaire sur les FDLR - une première en Allemagne. "Le gouvernement fédéral juge la présence des milices FDLR comme problème principal du conflit à l'est du Congo", avait écrit le ministère la veille de sa réponse à une question écrite du parti ex-communiste "Die Linke" au Parlement. Ce parti ainsi que le parti Vert avaient demandé au gouvernement quelles mesures il prenait contre les FDLR en Allemagne, comme conséquence directe de leur visite en RDC en avril. Le député vert Winfried Nachtwei a exigé des actions plus concrètes: "Les résolutions de l'ONU sur le soutien financier et politique à ces groupes doivent être appliqué de manière effective, et cela dépasse les questions du statut de résidence d'individus" (21) . Le 7 juillet, la police allemande a arrêté le secrétaire exécutif des FDLR, Calixte Mbarushimana, d'ordinaire résident à Paris; il était à l'aéroport de Francfort en transit vers la Russie ; fin juin 2008 , Interpol l'avait inclus aussi sur sa "liste rouge". Mbarushimana, élu à la direction des FDLR lors d'un congrès de cette organisation à Bonn (Allemagne) en 2005 avait pris la place de Murwanashyaka comme signataire des communiqués FDLR après l'ouverture de la nouvelle instruction allemande contre Murwanashyaka. Mbarushimana, employé du PNUD à Kigali pendant le génocide et accusé plusieurs fois d'y avoir participé, avait obtenu le statut de réfugié politique en France en 2003, avant d'ouvrir une enquête début 2008 contre lui suite à une plainte d'une association de victimes du génocide. Sur le terrain, l'Europe a commencé à s'activer diplomatiquement. Depuis avril 2008, l'Union Européenne a pris en charge le "processus de Nairobi" pour une période de quatre mois. Son représentant spécial pour les Grands Lacs, le Néerlandais Roeland van De Geer, est en train de réfléchir à une politique internationale plus active contre les FDLR en application de la résolution 1804. Lors d'une visite en Allemagne en mai 2008, de Geer a proposé aux autorités allemandes une série de mesures précises et faciles à mettre en oeuvre sur le plan européen, avec les structures "Eurostar" et "Europium" qui régissent la coopération judiciaire et policière entre Etats membres de l'Union Européenne et qui facilitent la communication entre systèmes nationaux qui, pour le moment, agissent chacun dans son coin sans coordination. Lors de son passage,
de Geer n'a pas exclu l'option militaire contre les FDLR, dont il a estimé
les effectifs à 20.000, y compris femmes et enfants. Il n'y aurait
plus l'option pour ceux qui refusent le rapatriement de rester au Congo
et de faire ce qu'ils veulent, a-t-il dit devant une audience de spécialistes
à Berlin (22) ; soit ils acceptent le rapatriement au Rwanda et
la démobilisation, soit ils choisissent de rester en RDC et donc
de devenir Congolais et de se soumettre à la loi congolaise et
se désarmer. Ceux qui refusent ces deux options et préfèrent
gagner de l'argent avec le trafic des minerais et autres choses à
l'Est du Congo devraient compter avec des frappes militaires. Selon d'autres sources, on avait envisagé conjointement avec le gouvernement congolais de transférer les FDLR du Kivu au Katanga, dans une région où se trouvent des concessions de minerais cédées aux Chinois. L'exigence des FDLR à garder leurs armes là-bas aurait fait capoter cette option. Il reste à voir quelles autres mesures plus probantes seront trouvées sur le plan international pour enfin traduire en actes la nouvelle volonté d'agir qui a été si fortement exprimé à tous les niveaux de la diplomatie internationale cette année. Par Dominic Johnson. Berlin, août 2008
(1) AFP 24.3.2004:
"Près de 10.000 combattants et leurs dépendants rapatriés
de RDC (ONU)" |
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Mise
au point de Pole Institute, après la parution d'un article dans le
quotidien Le Potentiel |
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