| La
paix négociée de manière crédible est plus féconde
qu'une guerre menée dans une barbarie sans bornes |
L'échec
de l'ONU au Congo
30 octobre 2008
Les rebelles du
général tutsi Laurent Nkunda à l'Est de la République
démocratique du Congo ont atteint la métropole de Goma
et mis en fuite l'armée gouvernementale. Ce n'est pas seulement
important parce que le drame humanitaire de la guerre du Congo oriental
a atteint les dimensions de l'horreur du Darfur soudanais. Il établit
aussi l'échec d'une politique internationale, qui a été
menée avec un déploiement de moyens militaires et politiques
sans précédent en Afrique et qui a longtemps représenté
un modèle de stabilisation d'une entité étatique
disloquée.
Les élections
que l'ONU a surveillées en 2006 en y mettant un coût inouï,
tout comme la plus grande mission de Casques bleus dans le monde, c'était
les moyens avec lesquels la communauté internationale a tenté
ces dernières années de reconstruire un pays dévasté
par une guerre de plusieurs décennies et par l'effondrement de
l'Etat. Installer un gouvernement démocratiquement élu au
niveau d'un Etat central, c'était conçu comme le premier
pas vers un système politique ordonné dans lequel les 60
millions d'habitants devaient retrouver la paix et se tirer de la misère.
Le fait qu'à l'Est du pays, où les guerres du Congo avaient
trouvé leur point de départ depuis quinze ans, la violence
continuait à jouer, représentait pour beaucoup d'observateurs
en quelque sorte un défaut de naissance qui, au fil des années,
se corrigerait de lui-même.
La réalité
paraît autre. Le gouvernement du Congo n'a pas appris à gouverner,
les guerres dans l'Est ne se sont pas éteintes, bien plus elles
ont été encore ravivées et la pauvreté et
la misère ont augmenté dans tout le pays.
Les propositions comme
celles avancées actuellement par le gouvernement fédéral
allemand, qui, en guise de réponse à la guerre, veut envoyer
encore davantage de soldats de l'ONU au Congo, conduisent en fait à
l'égarement. L'enjeu n'est pas de plus de soldats, mais d'une autre
politique. Un début consisterait en des pourparlers de paix avec
les rebelles de l'Est du Congo, où tous les problèmes seraient
mis sur la table et où les vraies relations de pouvoir seraient
reconnues. L'ONU doit mettre cela en priorité. Autrement elle risque
de voir sa mission au Congo balayée par les événements.
Dominic Johnson
(TAZ / Pole Institute)
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